Comment faire du quilling ?
On enroule une bande de papier sur un stylet fendu, on la laisse se détendre jusqu’au diamètre voulu, on colle l’extrémité, puis on pince la spirale pour obtenir la forme. Tout le quilling tient dans ces quatre gestes. Le reste n’est que combinaison de formes de base.
Le matériel, réduit à l’essentiel
Quatre choses suffisent : des bandes de papier, un stylet, de la colle blanche et une pince fine. Le quilling, ou paperolle, n’a jamais demandé davantage.
Les bandes se vendent en trois largeurs courantes. Le 3 mm sert aux détails fins, le 5 mm est le format le plus utilisé et le meilleur compromis pour débuter, le 10 mm sert aux fleurs frangées et aux pièces qui doivent avoir du relief. Les longueurs tournent autour de 45 à 54 cm.
Le grammage compte autant que la largeur. Comptez à partir de 120 g/m², un ordre de grandeur que confirment les papetiers comme Clairefontaine. En dessous la bande s’écrase et la spirale ne tient pas sa forme ; beaucoup trop épais, elle refuse de s’enrouler serré. C’est la raison pour laquelle du papier d’imprimante découpé en lanières donne rarement de bons résultats : il est trop léger et il n’a pas la coupe nette d’une bande industrielle.
Pour le stylet, deux familles. Le stylet fendu, avec une petite fente où l’on coince le bout de la bande, est de loin le plus simple : le papier ne glisse pas. Il laisse en contrepartie une petite marque plate au centre de la spirale. L’aiguille donne un centre parfaitement rond mais demande de tenir la bande à la main pendant tout l’enroulage, ce qui vient avec la pratique.
Une planche à gabarits, une plaque percée de cercles de diamètres croissants, n’est pas indispensable mais change tout dès qu’il faut plusieurs spirales identiques.
Précision utile : l’outil ne s’appelle pas un quillon. Ce mot désigne la garde d’une épée. On parle d’un stylet à quilling, ou d’une aiguille à quilling. Et une paire de ciseaux n’est pas un outil d’enroulage, contrairement à ce qu’on lit parfois.
Enrouler, relâcher, coller
Glissez l’extrémité de la bande dans la fente du stylet. Tournez l’outil, pas la bande, en gardant une tension régulière. C’est la régularité qui fait une spirale propre, pas la vitesse.
Une fois la bande enroulée, faites glisser la spirale hors du stylet et posez-la sur la table. Elle se détend d’elle-même. C’est ce moment qui détermine le diamètre final : plus vous attendez, plus la spirale s’ouvre. Si vous voulez des pièces identiques, laissez-la se détendre dans un trou de la planche à gabarits, qui borne l’expansion.
Collez ensuite l’extrémité libre. Une pointe de colle blanche déposée à l’épingle ou au cure-dent suffit ; la colle ne doit pas se voir. C’est l’erreur la plus fréquente et la plus visible du débutant : trop de colle traverse le papier, laisse une auréole brillante et ramollit la spirale.
Pour un cercle serré, on colle avant de laisser la spirale se détendre, directement à la sortie du stylet.
Les formes de base et comment on les obtient
Presque toutes les formes viennent d’une même spirale libre, pincée à un ou plusieurs endroits. C’est ce principe qu’il faut retenir plutôt qu’une liste.
- Pincez en un point : vous obtenez la goutte.
- Pincez en deux points opposés : c’est l’œil, aussi appelé marquise ou feuille.
- Pincez en trois points : le triangle.
- Pincez en quatre : le carré ou le losange selon l’écartement.
- Aplatissez un côté contre la table : la demi-lune.
À partir de là viennent le huit, le bretzel, la spirale libre non collée pour les vrilles, et le rouleau décalé qui donne du volume en poussant le centre de la spirale vers l’extérieur. Une fleur se compose de cinq ou six gouttes assemblées par la pointe ; une feuille est un œil.
Les fleurs frangées se font autrement : on entaille une bande large sur toute sa longueur, en laissant un bord intact, puis on l’enroule et on écarte les franges.
Assembler un motif
Disposez toutes vos formes à sec sur le support avant de coller quoi que ce soit. La composition se juge à plat, et une fois la colle posée il n’y a plus de repentir possible.
Le collage se fait sur la tranche : on dépose un trait de colle très fin sur le chant de la spirale, avec la pince, puis on pose. Une spirale collée à plat perd tout son relief, qui est précisément l’intérêt de la technique.
Le support veut de la tenue. Une carte épaisse ou un carton fin conviennent ; un papier ordinaire gondole sous l’humidité de la colle. Le quilling s’utilise aussi pour décorer un couvercle, une boîte à bijoux par exemple, à condition que la surface soit rigide.
Les erreurs qui gâchent une pièce
Quatre reviennent tout le temps.
Trop de colle. Elle traverse, elle brille, elle déforme. Une pointe suffit, toujours.
Une tension irrégulière. Si vous serrez fort au début et mollement à la fin, la spirale est ovale et ne se détend pas rond. Mieux vaut enrouler lentement et régulièrement.
Le mauvais papier. Trop léger, la forme s’affaisse au bout de quelques jours. C’est le sujet du choix du papier à quilling, qui mérite d’être réglé avant d’acheter en quantité.
L’humidité. Le papier reprend l’eau de l’air et les spirales s’ouvrent lentement. Une pièce finie se garde sous verre ou sous cadre si elle doit durer, et de toute façon loin d’une salle de bain.
Quelle largeur de bande pour débuter ?
Du 5 mm. C’est la largeur la plus utilisée et le meilleur compromis entre finesse et relief. Le 3 mm sert aux détails fins, le 10 mm aux fleurs frangées et aux pièces en volume.
Stylet fendu ou aiguille ?
Le stylet fendu pour commencer : la bande se coince dans la fente et ne glisse pas. Il laisse une petite marque plate au centre. L’aiguille donne un centre parfaitement rond mais demande de maintenir la bande à la main pendant tout l’enroulage.
Peut-on utiliser du papier ordinaire ?
C’est possible mais décevant. Le papier d’imprimante est trop léger, autour de 80 g/m², et la spirale s’affaisse. Comptez au minimum 120 g/m² pour que les formes tiennent dans le temps.
Pour un premier essai, prenez une dizaine de bandes de 5 mm et faites uniquement des gouttes et des yeux. Deux formes suffisent à composer une fleur complète, et vous aurez réglé la tension et le dosage de colle avant de vous attaquer à un motif compliqué. L’origine et les usages de la technique sont détaillés côté qu’est-ce que le quilling.
