Comment faire du scrapbooking ?

Le scrapbooking suit toujours le même ordre : réunir le matériel, choisir un fil conducteur, trier et recadrer les photos, composer la page à blanc, écrire les textes, décorer, puis protéger. Le point technique qui décide de tout, c’est le sans-acide, sans quoi les pages jaunissent en quelques années.

Le matériel de base

La liste tient en cinq postes : un album, des papiers, un adhésif, des ciseaux et un stylo.

L’album donne le format et il conditionne tout le reste, puisque vos pages devront y entrer. Les 30 x 30 cm sont le standard le plus courant, avec des pochettes transparentes dans lesquelles on glisse chaque page terminée. Rien n’empêche de fabriquer sa propre couverture, en contre-collant deux cartons pour obtenir un plat rigide.

Les papiers se répartissent en deux usages : le papier cartonné uni, qui sert de fond, et le papier à motifs, qui sert de tapis sous les photos ou d’accent. Le second se choisit après les photos, pas avant.

Pour l’adhésif, préférez la colle en points ou en rouleau à la colle liquide, qui gondole le papier fin.

Le stylo, enfin, doit être à encre pigmentaire, résistante à l’eau et à la lumière. Un stylo bille ordinaire pâlit et bave si l’album prend l’humidité.

Sans acide : ce que ça veut dire vraiment

C’est la seule spécification technique du scrapbooking, et elle est mal expliquée à peu près partout.

Un papier ordinaire contient des résidus acides issus de sa fabrication. Avec le temps, ces acides attaquent la cellulose : le papier jaunit, devient cassant, et il contamine ce qu’il touche, y compris vos photographies. C’est irréversible.

Les papiers dits permanents règlent le problème. La Bibliothèque nationale de France rappelle que la norme ISO 9706 encadre cette catégorie : pH de l’extrait aqueux entre 7,5 et 10, et surtout une réserve alcaline d’au moins 2 % d’équivalent de carbonate de calcium, qui neutralise l’acidité apportée de l’extérieur. La durée de vie estimée se compte en siècles.

En pratique, cherchez les mentions « sans acide » ou « pH neutre » sur les papiers, mais aussi sur les colles, les pochettes et les éventuels adhésifs décoratifs. Un seul élément acide au contact d’une photo suffit à la marquer. C’est aussi la raison pour laquelle on ne fixe jamais une photo avec une punaise, un trombone ou une agrafe : le métal rouille et laisse une empreinte définitive.

Choisir un fil conducteur, puis trier les photos

Un album sans fil conducteur devient une pile de pages. Le thème peut être un événement, un lieu, une période, une personne, peu importe, du moment qu’il vous donne un critère pour dire non à une photo.

Il n’est pas obligatoire de le fixer d’avance. Beaucoup de gens commencent par étaler leurs photos et laissent le thème apparaître. Ce qui compte, c’est de l’avoir identifié avant d’acheter les papiers à motifs, sous peine de repartir du magasin avec des choses qui n’iront ensemble sur aucune page.

Sélectionnez d’abord, largement moins que ce que vous pensiez. Une page qui porte trois photos raconte mieux qu’une page qui en porte neuf.

Pour le recadrage, tracez vos repères au crayon au dos du tirage, jamais au recto, puis coupez au massicot ou à la règle métallique. Deux règles simples : ne recadrez jamais votre seul exemplaire d’une photo, faites-en un tirage supplémentaire ; et gardez une marge autour des visages, un recadrage trop serré vieillit mal.

Composer la page à blanc

Posez tout sur la page sans rien coller : fond, photos, papiers à motifs, titre approximatif. Reculez, regardez, déplacez.

Une composition se juge par les vides autant que par les pleins. Laissez une zone de respiration, en général en bas ou dans un angle, plutôt que de remplir jusqu’aux bords.

Le tapis, c’est-à-dire un rectangle de papier à motifs légèrement plus grand que la photo et placé dessous, sert à détacher l’image du fond. Deux à trois millimètres de débord suffisent.

Ce n’est qu’une fois la composition arrêtée que l’on colle, en commençant par le fond et en terminant par les éléments de surface.

Écrire, dater, légender

Les textes se répartissent en deux catégories qu’il vaut mieux ne pas confondre. Le titre, court, annonce la page. Le journal, plus long, raconte : qui, où, quand, et si possible pourquoi cette photo plutôt qu’une autre.

Datez systématiquement. C’est l’information qu’on croit toujours retenir et qui disparaît la première. Un album non daté perd la moitié de son intérêt en dix ans.

Écrivez au brouillon avant de reporter sur la page, ou imprimez le texte et collez-le. Une rature sur un fond cartonné ne se rattrape pas.

Les embellissements, avec parcimonie

Autocollants, rubans, perles, découpes : ils ajoutent du relief et de la texture. La seule règle qui compte est qu’ils ne doivent jamais couvrir l’histoire que la page raconte.

Deux techniques sont régulièrement décrites de travers, autant les remettre à l’endroit.

L’embossage consiste à créer un motif en relief, pas à découper. Soit à sec, en pressant le papier dans un pochoir ou un classeur de gaufrage ; soit à chaud, en saupoudrant une poudre à embosser sur une encre fraîche puis en la faisant fondre au pistolet à air chaud. Ce dernier souffle à plusieurs centaines de degrés : on le tient à distance, jamais sur les doigts. Découper des formes dans du papier à motifs et les coller, ce n’est pas de l’embossage, c’est du collage avec des matrices de découpe.

Le masquage consiste à protéger une zone pendant qu’on encre ou qu’on vaporise autour, afin de réserver un espace net. Ce n’est pas le fait de superposer des papiers.

Au passage, les outils s’appellent en français des matrices de découpe, des tampons et des perforatrices. Les spirales de papier du quilling font aussi de très bons embellissements en relief.

Protéger et archiver

Chaque page terminée se glisse dans une pochette transparente, qui la met à l’abri de la poussière, des frottements et des doigts.

Rangez l’album debout, comme un livre, dans une pièce sèche et tempérée. Ni grenier, ni cave, ni rebord de fenêtre : la chaleur, l’humidité et la lumière sont les trois ennemis d’un album, dans cet ordre. Un rangement en carton pour les petits objets souvenirs complète bien l’ensemble, à condition qu’il soit lui aussi sans acide s’il touche des photos.

Pourquoi le papier sans acide est-il indispensable ?

Parce que l’acidité résiduelle d’un papier ordinaire attaque la cellulose : le papier jaunit, devient cassant et contamine les photos qu’il touche. La norme ISO 9706 encadre les papiers permanents, avec un pH entre 7,5 et 10 et une réserve alcaline d’au moins 2 %.

Qu’est-ce que l’embossage exactement ?

Créer un motif en relief, soit à sec en pressant le papier dans un pochoir ou un classeur de gaufrage, soit à chaud avec une poudre fondue au pistolet à air chaud. Découper des formes et les coller n’est pas de l’embossage.

Faut-il recadrer ses photos originales ?

Non. Faites un tirage supplémentaire et recadrez celui-là. Tracez les repères au crayon au dos, jamais au recto, et gardez une marge autour des visages.

Si vous démarrez, faites une seule page complète avant d’acheter quoi que ce soit d’autre. Elle vous dira si le format vous convient, combien de photos vous aimez voir sur une page, et quels outils vous ont réellement servi.